mardi 31 décembre 2019

Meilleurs voeux - Frohes Neues Jahr

Avec cette superbe photo automnale des Vire-Court, le Comité de Jumelage Plomelin-Betziesdorf présente à l'ensemble de ses membres et de ses sympathisants ses meilleurs vœux de bonheur et de santé pour la nouvelle année. Elle sera l'occasion, l'été prochain, d'une nouvelle rencontre avec nos amis de Betziesdorf, ce dont nous nous réjouissons par avance.




Mit diesem herrlichen herbstlichen Bild der "Vire-Court" wünscht das Plomelin-Betziesdorf Partnerschaftskomitee all seinen Mitgliedern samt Freunden ein glückliches, friedvolles und gesundes  Neues Jahr. Es wird uns die Gelegenheit geben, unsere Betziesdorfer Freunde erneut zu treffen, worauf wir uns im Voraus freuen.

samedi 26 octobre 2019

10ème Fête de la Bière

La dixième Fête de la Bière a eu lieu cette année à Plomelin le samedi 12 octobre. 


Pour marquer cet événement, le comité de jumelage avait retenu l'idée de faire venir l'orchestre  hessois "Deko Hirsche" pour animer la soirée. C'est celui-là même qui, dans la Bürgerhaus de Betziesdorf, avait fourni une prestation dont tous les participants au voyage de septembre 2018 en Allemagne se souviennent. 

Et comme prévu, ce fut un très grand succès! La salle était comble et tout le monde a pris beaucoup de plaisir à participer à cette Oktoberfest au son de la musique "live". Tout au long de la soirée, des morceaux de musique rock, de variété allemande et traditionnelle bavaroise ont retenti dans la salle socioculturelle, transformée par les membres du comité en immense taverne. 

La Taverne plomelinoise
Les jeux habituels - planter de clous, duels de Masskrugstemmen - ont été l'occasion de  confrontations amicales mais acharnées. Certains ont pu conserver leur titre mais d'autres ont dû le céder à un nouveau "Chevalier de l'Ordre de la Chope de Bière".

La finale féminine de Masskrugstemmen
Comme à l'habitude, des amis de Betziesdorf avaient fait le voyage pour participer à cette belle fête. Et, pour marquer l'occasion, ils étaient venus en nombre! Ils étaient en effet 18 parmi nous, auxquels il faut bien sûr rajouter les 5 membres de l'orchestre. Un grand merci à eux d'avoir fait tous ces kilomètres pour fêter avec nous le dixième anniversaire de l'Oktoberfest plomelinoise. 

Ambiance avec nos amis allemands!
Le comité de jumelage de Quimper-Remscheid était également représenté, ce qui tous les ans nous monttre combien les liens que nous avons tissés sont solides.

Un grand merci à Jean-Luc Poriel, notre traiteur de Pluguffan, qui nous a préparé sa traditionnelle et délicieuse choucroute, unanimement appréciée.

Also noch einmal "Ein Prosit der Gemütlichkeit" und bis zum 10.10. nächsten Jahres für das elfte Plomeliner Oktoberfest! 

Au 10 octobre l'année prochaine pour la onzième Oktoberfest plomelinoise!

mercredi 12 juin 2019

Mondial Pupilles

Le Mondial Pupilles s'est déroulé à Plomelin du 30 mai au 2 juin. L'équipe de Kirchhain participait à cette édition et notre comité s'est chargé de l'hébergement des accompagnateurs qui ne faisaient pas partie des "officiels" de la délégation.

Petite particularité, parmi les jeunes joueurs de l'équipe de Kirchhain, il y avait cette année un certain Cédric Fuchs, qui n'est autre que le petit-fils d'Emilienne et Alain Feunteun, fidèles membres de notre comité et parents d'Isabelle, installée à Betziesdorf il y a de nombreuses années de cela. Depuis la naissance du jeune Cédric, son grand-père espérait qu'il viendrait un jour jouer à Plomelin dans le cadre du Mondial Pupilles. Son voeu a été exaucé et chacun peut imaginer la joie des grands-parents de le voir fouler la pelouse du stade de Plomelin.

L'équipe de Kirchhain a fourni une excellente prestation et terminé cinquième de son groupe, juste derrière celle de Plomelin!

Dans l'ensemble une météo très favorable a caractérisé ce tournoi et une ambiance festive, conviviale et chaleureuse a régné à Plomelin pendant ces quatre jours.

L'équipe de Kirchhain.
Cédric Fuchs au premier rang, deuxième en partant de la droite.

samedi 23 mars 2019

Adieu Marita



Une bien triste nouvelle nous a été communiquée en ce début de mois. Marita, la femme de notre ami Wolfgang Budde, de Kirchhain, nous a quittés après une loçngue maladie le 2 mars dernier. Ses obsèques ont été célébrées le 16 mars. 


Notre comité s'est associé à la peine de la famille et, comme cela se fait en Allemagne, lui a fait parvenir un don. 
Ci-après, la carte de remerciement que Wolfgang nous a adressée.


Adieu Marita,  nous ne t'oublierons pas!






















mercredi 20 mars 2019

Grüne Woche - Semaine Verte de Berlin

Sur proposition de notre trésorier, voici un article en date du 22 janvier 2019, signé de Nathaleen Hewitt et Philippe Jachnik, qui rapporte ce qu'il convient de retenir du symposium de la Grüne Woche, la Semaine Verte, de Berlin.


                                                                               


L’EDITION 2019 DE LA SEMAINE VERTE 

(18-27.01.2019)

ET LES LAITIERS…


Créée en 1926, il y a 93 ans, la Semaine Verte de Berlin en est à sa 84ème édition, années de guerre obligent. Cette édition 2019 (dont l’Invité d’Honneur fut la Finlande) était parrainée, comme déjà l’an passé, non seulement par les Ministères fédéraux de l’Alimentation et de l’Agriculture d’une part, de l’Environnement d’autre part mais également par un troisième, celui du Développement et de la Coopération Economique. Le développement des pays pauvres et émergents et, partant, la « fixation sur place des populations pouvant avoir vocation aux migrations sauvages et risquées », ce qui passe par le développement de l’agriculture et la structuration de la ruralité, reste un thème récurrent de premier plan en Allemagne.

  
Les impressionnantes manifestations de masse dans les rues de Berlin (35.000 participants selon les organisateurs, 15.000 selon la police) le samedi 19 pour « une autre agriculture et une autre alimentation », pour « une autre politique agricole » font, depuis des années, partie du paysage. 2019 a bien été à la hauteur de cette tradition avec, le samedi, en plus des dizaines de milliers de manifestants, près de 150 tracteurs et poids lourds venus de toute l’Allemagne pour dénoncer l’agriculture industrielle productiviste et le manque d’ambition de la Ministre fédérale de l’Alimentation et de l’Agriculture, Julia Klöckner (CDU, proche de la Chancelière Merkel), en poste depuis mars dernier, tant en matière de bien-être animal que de redéfinition de la PAC et de ses postes de dépenses (là le message est qu’actuellement 70% des dépenses agricoles européennes sont « contre-productives » compte tenu de comment il faut les utiliser).

Des nombreux discours de Responsables agricoles et d’ONG consuméristes on retiendra avant tout que ces multiples structures ont en commun une vision de l’avenir faite d’exploitations agricoles diversifiées et non pas d’un quasi-monopole de quelques structures dites agro-industrielles.

Cette méga-manifestation avait, là aussi comme lors des éditions précédentes, été précédée, durant trois jours, à partir du mercredi, de nombreux Ateliers, Conférences de Presse, Rencontres (dont une entre les Dirigeants du DBV et ceux du MIV sur le thème Stratégie Laitière 2030 & Interprofession) ainsi que du célèbre et international GFFA ( Global Forum for Food and Agriculture) dont Julia KLöckner dit que c’est « Le Davos de l’Agriculture ». Plus de 70 Ministres de l’Agriculture y ont participé ainsi que, pour l’Allemagne Angela Merkel et Julia Klöckner et pour la Commission UE Phil Hogan et Vytenis Andriukaitis (Santé), ce dernier sur le très discuté thème du bien-être animal. Il a, au passage, expliqué qu’il est devenu important et urgent de mettre en place un partenariat santé animale avec les Autorités du Belarus, de la Moldavie, de la Russie et de l’Ukraine.

Concernant le projet des Autorités allemandes d’étiquetage du bien-être animal il a insisté sur le fait que, dans ce domaine aussi, des initiatives de tel ou tel Etat-membre ne peuvent avoir pour conséquence de battre en brèche la libre-circulation des marchandises au sein de l’UE. Ce sur quoi, après un moment de flottement, l’aurait rassuré la Ministre fédérale allemande.

La contribution des Dirigeants allemands a essentiellement concerné la nécessaire rapide digitalisation de l’agriculture qui doit aider à pouvoir nourrir d’ici 2050 les 2 milliards d’humains que la Terre est alors réputée compter en plus. L’Allemagne vient de demander à la FAO de travailler le sujet et de faire rapidement des propositions, ce qui fut confirmé dans l’intervention du Directeur Général de la FAO, José Graziano da Silva. Il a, entre autres, expliqué que la digitalisation est tout particulièrement importante pour « les pays dans lesquels l’agriculture n’est pas entre les mains de quelques groupes géants ». Les Ministres de l’Agriculture de 74 pays ont, dans le cadre de la Conférence Internationale des Ministres de l’Agriculture décidé de créer un Conseil de la Digitalisation en Agriculture. Pour ce qui est de l’Allemagne, Julia Klöckner a annoncé que 70 millions € seront investis d’ici 2022 pour des opérations-tests de natures variées (déjà en cours de sélection) dans tous les Länder de la République fédérale.

Pour ce qui est de l’allocution de Phil Hogan le vendredi - en présence de la Chancelière - il a, entre autres, confirmé:
  • que partant des conséquences de l’embargo russe, en particulier pour ce qui est des fruits et légumes, ses Services travaillent à d’éventuelles « mesures d’aides Brexit »
  • qu’il espère avoir pour octobre 2019 le cadre financier 2021-2027 pour savoir combien y restera disponible pour la PAC
  • qu’il espère que P.E. et Commission se seront mis d’accord avant les élections de ce mois de mai sur les principes de la PAC à venir (!!!) … ce qui n’est pas le cas actuellement…
  • qu’il n’est pas en mesure de répondre aux questions sur le pourcentage des aides directes qui sera « lié à l’écologie ».


Quelques données et informations générales recueillies sur place, à Berlin, en marge des rendez-vous laitiers dont il est question ci-après :

- Dans l’édition du vendredi 18 de la Circulaire électronique laitière hebdomadaire du DBV, il est rendu compte en ces termes de la Rencontre de Travail DBV-Laiteries ayant eu lieu en milieu de semaine passée : « Les plus importants Représentants de la transformation laitière (NDLR : le MIV n’est pas mentionné en tant que tel mais les participants furent MM. Stahl (Président du MIV/DG de Hochland), Holtorf (Vice-Président du MIV/DG de Frischli), Hofmeister (Membre du Conseil MIV/DG de Champignon), Latka (Membre du Conseil MIV/DG de Hochwald, entreprise qui, dans la foulée, a rendu public le dispositif de prix fixe qu’elle propose à ses producteurs et dont nous vous avons transmis les détails disponibles via notre traduction Top Agrar que nous vous avons adressée samedi dernier) se sont retrouvés, à la veille de l’ouverture de la Semaine Verte, pour une réunion d’échanges avec Rückwied, Président du DBV et Schmal, Vice-Président du DBV, en charge du lait. Il y a été convenu d’accélérer les travaux d’élaboration d’une Stratégie Lait 2030 et d’inviter d’autres acteurs du secteur laitier à y participer de façon constructive. La création d’instruments privés de gestion de la volatilité des prix a constitué un autre thème d’échanges. Enfin, il y fut également question des moyens à mettre en œuvre pour que la mise en place de standards ne créée pas une concurrence malsaine sur le dos des producteurs. »

- Dans sa Conférence « Semaine Verte » le BDM (Syndicat dissident du DBV) a représenté tous les points de sa position : 
  • il n’est plus admissible que les producteurs aient à assumer seuls les conséquences financières découlant des fluctuations de marché
  • définir la Stratégie Lait 2030 est la priorité
  • création d’une structure laitière regroupant l’ensemble des producteurs de lait
  • véritable mise à disposition des producteurs, en temps réel, des informations de marché
  • renouvellement total des relations contractuelles producteurs-laiteries qui datent du 19ème siècle
  • reformulation de la PAC qui, depuis la Réforme Mac Sharry est plus au service de l’industrie alimentaire que des producteurs agricoles. 

Le dédommagement en cas de diminution volontaire de sa production par un producteur est réputé rester d’actualité. Au cours du Symposium BDM du 21 janvier sont, entre autres intervenus d’une part un producteur américain du Wisconsin qui a expliqué que les producteurs commencent à s’y organiser au sein de « Dairy Together » pour contribuer à adapter l’offre, d’autre part le Vice-Président de la Fédération des Producteurs de l’Ontario (Canada) qui a expliqué que les politiques canadiens sont, en fait, satisfaits des laitiers « qui ne sont pas en permanence en train de leur demander des sous ».

- Le différend Lactalis-OOMV qui a défrayé la chronique laitière outre-Rhin depuis deux semaines fut évidemment évoqué lors des rendez-vous laitiers de la Semaine Verte, la tonalité étant à présent qu’il est « impératif de trouver le chemin d’un consensus » et ce dans l’intérêt des deux protagonistes et non pas d’un seul… Le contrat d’approvisionnement conclu courant encore pour les 9 années à venir (Letztlich habe man einen Milchliefervertrag, der noch neun Jahre laufe).

- Dans le Land Bayern la confrontation entre Producteurs et Transformateurs au sein de milch.bayern (Interprofession laitière sauce bavaroise) sur le thème de l’entravement à l’année des vaches laitières a, la semaine passée, été évité de justesse, les laiteries ayant annoncé à la veille de Noël que 2030 constitue pour elles la date-butoir (50% des vaches laitière bavaroises sont actuellement entravées, et pour 80% de celles-ci c’est à l’année). Rendez-vous a été pris pour mettre sur pied un calendrier et des modalités…

- Dans le cadre de la Conférence de Presse de l’Association des Exportateurs GEFA, le MIV a expliqué qu’en 2018 les recettes de l’exportation de produits laitiers se sont améliorées malgré des pertes de parts de marchés. Par ailleurs les prix du beurre et des poudres grasses se situent à un niveau plus élevé sur le marché européen que sur les marchés extérieurs. Les principaux clients de la Laiterie Allemagne sont, dans l’ordre : 
  • Chine - Mauritanie - Philippines pour le lait de consommation
  • Japon - EAU - Iran pour le beurre et le butteroil
  • Chine - Egypte - République Dominicaine pour le lait en poudre
  • Japon - Suisse - Chili - USA - Corée du Sud - Bosnie-Herzegovine -Libye - Arabie Saoudite - Afrique du Sud pour les fromages.

QUE RETENIR 

DES TROIS RENDEZ-VOUS LAITIERS ?


LE RENDEZ-VOUS DU DBV (21.01.2019)

 



Le DBV, Syndicat majoritaire des exploitants agricoles allemands, avait intitulé cette année son Séminaire Laitier « Stratégie 2030 : de quoi ont besoin nos producteurs de lait ? » (NDLR : en v.o. Strategie 2030 : Was brauchen unsere Milchbauern ?).  
  
Y sont successivement intervenus :

  • Joachim Ruckwied, Président du DBV qui a, comme les années précédentes, introduit l’évènement…
  • Karsten Schmal, Vice-Président du DBV, en charge du lait, sur le thème des priorités du DBV pour ce qui est de la définition d’une Stratégie Lait 2030
  • Thomas Huber, DG de la Société de Consulting ToChange GmbH sur le thème « Quels sont les éléments nécessaires à une Stratégie partagée ? », intervention suivie d’un débat
  • Holger D. Thiele, Directeur du célèbre Institut de Kiel sur le thème « Que peut et que ne peut pas apporter une Interprofession ? », intervention suivie d’un débat
  • Klaus Heitlinger, Directeur de la Fédération allemande des jus de fruits sur le thème « Que peut apporter la promotion collective ? », intervention suivie d’un débat

Le mot de la fin revenant évidemment à Karsten Schmal.


Dans sa présentation des priorités du DBV pour ce qui est de la définition et de la mise en place d’une Stratégie Lait 2030, Karsten Schmal a expliqué les 3 priorités en la matière pour les producteurs :
  • conserver la compétitivité de la production laitière allemande et accroître la part de valeur ajoutée revenant aux producteurs
  • maîtriser les risques de production
  • assurer l’acceptation sociétale de la production laitière moderne

Avec ou sans Interprofession il faut œuvrer à :
  • exploiter tous les segments générant de la valeur ajoutée
  • renforcer les Groupements et les Coopératives de Producteurs
  • dans toute la mesure du possible, essayer de créer une Interprofession laitière « avec ceux qui le veulent bien »
  • se mettre enfin en position de pouvoir utiliser « l’argent de Bruxelles » (200 millions €/an) pour la promotion
  • participer au débat sociétal environnement et bien-être animal pour y devenir force de proposition et ne plus devoir se contenter d’être une « force de réaction »
  • travailler à la mitigation des conséquences des risques climatiques, sanitaires, économiques (volatilité des prix)
  • travailler à une communication sociétale du secteur, pour partie sur la base de standards du secteur à élaborer au sein de celui-ci.

Le Consultant Thomas Huber a d’emblée souligné que la clef du succès est que l’exercice soit, pour l’essentiel, conduit par ceux qui auront les rôles principaux dans sa mise en œuvre.

Des questions posées au Consultant et aux panelistes et des réponses qu’ils y ont apportées, on retiendra essentiellement :
  • les Pouvoirs Publics se réjouissent de cet exercice « Stratégie Lait 2030 » mais n’y participeront évidemment pas en tant que tels
  • H. Korte, le Président de DMK, estime nécessaire d’avoir recours à un intervenant extérieur pour donner toutes ses chances au processus
  • pour le DBV les Standards de qualité doivent être proposés par le secteur pour éviter que ne se reproduise ce qui s’est passé dans le cadre du dossier OGM où la Distribution a fait la loi et où la valeur ajoutée n’est pas remontée jusqu’aux producteurs

L’Universitaire Holger D. Thiele a ajouté qu’il faut impérativement maximiser l’adhésion des membres faute de quoi l’exercice se réduira à une minimisation des différences. Et éviter les doublons, tant des structures elles-mêmes que concernant les thèmes travaillés.


Klaus Heitlinger a exposé avec quel bonheur les fabricants de jus de fruits allemands se font largement financer leur promotion (ils n’en font que sur le marché allemand, pas à l’exportation) par l’enveloppe annuelle UE de 200 millions € (qui couvre 70% de la dépense si cela ne concerne qu’un pays et 80% si plusieurs sont concernés). La consommation de jus de fruits et boissons à base de fruits stagne en Allemagne ces dernières années, mais les entreprises du secteur estiment que cela pourrait être pire sans promotion.

Conclusion de Karsten Schmal, Vice-Président du DBV, en deux phrases :
  • « nous sommes sur le bon chemin mais nous sommes trop lents »
  • « celui qui veut trouve des chemins, celui qui ne veut pas cherche des arguments »

LES RENDEZ-VOUS DU MIV 





DÎNER DE GALA DU MIV (21.01.2019)


C’est dans l’écrin du Bärensaal de l’ancien Hôtel de Ville que le MIV avait, cette année, convié ses 217 invités.

Le président du MIV, Peter Stahl, CEO de Hochland, s’est, cette année, contenté de souhaiter (mais chaleureusement !) la bienvenue aux invités.

De l’intervention « convenue » du Secrétaire d’Etat à l’alimentation et à l’Agriculture (depuis plus de 10 ans !), Hans-Joachim Fuchtel, on retiendra que ses priorités sont la création d’une Interprofession « ou de quelque chose qui lui ressemble » d’une part, le soutien de l’export d’autre part. Le Ministère a d’ores et déjà renouvelé jusqu’à fin 2021 sa participation financière au Bureau co-géré à Pékin par le MIV et ses collègues des produits carnés. Il s’est, par ailleurs, dans le cadre de l’Accord de libre-échange UE-Japon félicité d’avoir été le premier à faire le déplacement sur place, grillant pour une fois la politesse aux Français qui sont les spécialistes de la pole-position en la matière. Les Pouvoirs Publics regrettent beaucoup que, du fait de son inorganisation, le secteur laitier allemand ne soit pas en mesure de taper dans l’enveloppe annuelle de 200 millions € disponible à Bruxelles pour la promotion …



ATELIER MIV (22.01.2019)


Animé, comme les années précédentes, avec dynamisme et brio par le journaliste agricole Anselm Richard, cette matinée (NDLR : en v.o. « Frühschoppen ») où, traditionnellement, chacun s’exprime en toute liberté, ou bien, comme a dit l’organisateur, « où chacun vient dire ce qu’il a sur l’estomac », constitue un « happening » dont se sont à nouveau régalés les participants au nombre de 253 cette année ! Et le Président Stahl a indiqué « et nous avons malheureusement dû refuser du monde ».

Pour « chauffer la salle » et préparer les vigoureux échanges sur le thème « bien-être animal » le MIV avait invité les intervenants suivants :


  • Katharina Kluge, Responsable de cette problématique au Ministère fédéral de l’Alimentation et de l’Agriculture
  • Thomas Schröder, Président du Deutscher Tierschutzbund (Confédération de toutes les Fédérations et Associations actives en matière de protection de l’environnement / bien-être animal, la plus grosse ONG d’Allemagne
  • Christoph Bossmann, Directeur général de la petite Laiterie de la Côte de la Mer du Nord, Osterhusumer Meierei Witzwort eG
  • Jan Heusmann, Eleveur dans le Land Niedersachsen et Président de « l’interprofession laitière » du Land Niedersachsen.

Le thème était donc, cette année, bien-être animal (Tierwohl) et secteur laitier.

Principaux points à retenir des interventions et des échanges qu’ils ont suscité :

-  Katharina Kluge (Ministère fédéral de l’Alimentation et de l’Agriculture)
Après la seconde Guerre Mondiale il a fallu, en Allemagne et en Europe,  pousser la production agricole et personne ne s’est alors préoccupé du bien-être animal dans le choix et le développement des types d’élevages choisis et promus. Il est donc injuste de critiquer « à la légère » les éleveurs qui doivent néanmoins intégrer qu’aujourd’hui les consommateurs veulent savoir comment sont produites les denrées agricoles. Et les transformateurs de l’industrie alimentaire, en l’occurrence laitière, sont sur le même bateau car la demande est identique en matière de process de fabrication. Historiquement, les mouvements ayant œuvré à la quasi-disparition des expériences sur animaux pour développer des produits cosmétiques, voire pharmaceutiques, furent précurseurs. Puis sont arrivés les élevages de porcs, puis de volailles … « et vous êtes bien inspirés dans le secteur laitier à vous mettre dès à présent au travail en la matière » puisque sont déjà sur la table les pratiques des abattoirs (y compris pour les vaches laitières), l’écornage, l’entravement, … Le label "Bien-être animal" que vont mettre en œuvre les Pouvoirs Publics fédéraux (le projet est en période de notification à Bruxelles et les textes d’application en cours de rédaction) n’est qu’un instrument, parmi d’autres, pour répondre à la demande sociétale en matière de bien-être animal. Il comporte 3 niveaux qui sont tous supérieurs au minimum légal. Les Contrôleurs du Dispositif seront eux-mêmes contrôlés par un Service du Ministère fédéral qui sera créé à cet effet. Le dispositif sera volontaire et non pas obligatoire, UE oblige entre autres...
   
-  Thomas Schröder (Président du Deutscher Tierschutzbund)
Cette puissante ONG (Confédération de Fédérations et d’Associations environnementalistes et de protection animale) - il se dit que c’est la plus grosse ONG d’Allemagne - constate qu’effectivement, là où se construisent de nouvelles étables, les choses vont mieux en matière de bien-être animal. Pour son Président pas question « d’autrefois tout était mieux » ni de « petit c’est bien, grand c’est pas bien ». Ceci étant, pour l’obtention du label est quand même prévue une taille maximale (350 vaches semble-t-il) mais qui n’a rien à voir avec le bien-être animal, mais exigée par la composante environnementaliste de la Confédération (Bund).

Pour ne pas se fourvoyer et être crédible il faut être capable d’exprimer une vision à 10 ou 20 ans. Le Bund est défavorable au caractère volontaire et donc non-obligatoire de ce que vont mettre en place les Pouvoirs Publics en la matière. Il se réjouit par contre de l’ITW (Initiative Tierwohl) pour un label commun aux grands de la Distribution à compter du 1er avril prochain pour arrêter la cacophonie qui menace… mais demande aux Enseignes d’arrêter de faire, en même temps, des promotions de produits carnés à vil prix. Sa conclusion : « attention, le consommateur n’est pas là pour compenser avec son porte-monnaie l’inorganisation des filières ».


-  Christoph Bossmann (DG de la Laiterie Osterhusumer Meierei… laiterie qui a sauté le pas et appose le label du Bund sur son lait de pâturage! 
L’essentiel de ses débouchés est sur le marché en décroissance du lait de consommation et il est impératif pour elle de se diversifier en commercialisant des produits « qui racontent une histoire ». 25 de ses producteurs se sont engagés dans cette voie et ont, pour ce faire, chacun investi entre 100.000 et 250.000€ sur leur exploitation. Présentement leur prix du lait est supérieur de 4 cents à celui des autres producteurs. Au passage le DG d’Osterhusumer Meierei a critiqué le coût trop important du dispositif… et, ô surprise, indiqué qu’il se vend plus de ce lait-là dans le Sud de l’Allemagne (loin de la laiterie !) que dans le Nord de l’Allemagne (aux portes de la laiterie !). La laiterie gère une liste d’attente des producteurs qui souhaitent rejoindre le dispositif mais conditionne leur admission au développement de ses débouchés…

-  Jan Heusmann (Producteur de lait du Land Niedersachsen et Président de l’Association laitière de celui-ci)
Jan Heusmann constate que les producteurs se sont résolument engagés dans le cadre de cette problématique. Il en veut pour preuve qu’après avoir introduit des paramètres de santé animale dans le suivi des « turbo-vaches » on constate, depuis le début des années 2000, que l’augmentation du rendement par vache n’est plus corélé à une diminution de son bien-être.

Au cours de la discussion il a été rappelé que dans une intéressante Etude de l’Université de Göttingen datant d’il y a une dizaine d’années deux stratégies étaient apparues possibles pour augmenter le bien-être animal : soit on prend comme point de départ un niveau très supérieur au minimum légal et on procède par développements successifs de niches, soit on part plus ou moins du minimum légal pour ratisser large dès le départ. Julia Klöckner est réputée avoir choisi cette seconde option, bien que le DBV lui demande déjà de baisser encore les exigences du niveau de départ !

Il a également été rappelé qu’il reste difficile de mesurer le bien-être animal du fait de la quasi-absence d’indicateurs en provenance directe des animaux… ce qui conduit à se concentrer, entre autres, sur l’environnement de l’animal. Il est un peu désespérant que l’on mette tant de temps à élaborer un vocabulaire commun qui permettent aux éleveurs-laiteries-distributeurs-consommateurs de s’assurer qu’ils parlent bien de la même chose.

Dans une vigoureuse intervention le Président des Producteurs de lait de Bavière a estimé que les ONG du secteur ne sont pas vraiment intéressées par des solutions qui peuvent être réellement mises en œuvre, leur objectif « in fine » étant la disparition complète des animaux d’élevage. Intervention très critiquée par le Président du Bund qui espère que les milieux agricoles considèrent que c’est une chance pour eux qu’on veuille faire évoluer le monde avec eux et non pas contre eux.


De la Conférence de Presse MIV qui a suivi, nous avons pour l’essentiel retenu des réponses des Dirigeants du MIV aux questions des journalistes que :

·     Brexit non inclus, l’année laitière 2019 débute sous de meilleurs auspices que ne l’avait fait 2018 qui s’est soldée par une collecte de 32.4 millions T. Le prix moyen à la production servi l’an passé fut de 34.5 cents (supérieur à la moyenne des dix dernières années, mais inférieur à celui de 2017 qui fut de 36.2 cents).
·  Le MIV étudie depuis des années avec l’Institut Thünen de Braunschweig et le concours actif de 34 laiteries la problématique durabilité, thème qui inclut le bien-être animal. Et là deux options sont possibles : soit on établit un standard de base de niveau élevé avec pour but de faire progresser tout le monde par capillarité, soit on établit un standard de base de faible niveau afin d’embarquer un maximum de la production dès le départ.  L’Etude en question bénéficie du concours financier des Pouvoirs Publics fédéraux (BLE).
·    Si ce n’était pas le cas « auparavant », à présent les laiteries sont, « que cela leur plaise ou non » intégrées par l’opinion publique à la problématique bien-être animal : il est donc fondamental pour elles « d’être en chemin » également sur ce thème.
·    « Les choses avancent doucement » sur le chantier « Stratégie Lait 2030 » initié ici il y a un an par Ingo Müller, le DG de DMK. Le Conseil du MIV s’en est saisi lors de sa réunion de février 2018 à Bruxelles, un Groupe de Travail a proposé un texte au Conseil de juillet 2018 qui l’a adopté. Il a ensuite été avalisé à l’unanimité par l’AG MIV d’octobre dernier. Depuis, le DBV, le DRV et, plus récemment, le BDM en ont fait de même. A ce stade ces documents (qui n’ont pas d’architecture commune et des thèmes spécifiques à chacun d’entre eux à côté de quelques autres communs à tous) sont dans l’attente d’un synopsis qui présente « les points d’accord et les points où les positions sont actuellement différenciées », dont l’élaboration a été l’objet d’une première réunion DBV-MIV la semaine passée à la veille de l’ouverture de la Semaine Verte. Pour l’instant les uns estiment nécessaire de recourir à un(des) Consultant(s) et (ou à) un Facilitateur dans le cadre des travaux à venir, les autres non… L’objectif est d’essayer de produire un premier document pour l’été 2019. En réponse à une question il a été confirmé que le MIV ne souhaite pas la création d’une Interprofession laitière (Branchenorganisation). NDLR : dans certains des Länder qui constituent la République fédérale, mais pas dans tous, une « cvo laitière » est prélevée (en Bavière il s’agit à présent d’une cotisation) et dans deux de ces Länder elle finance des « Landesvereinigungen der Milchwirtschaft » où travaillent ensemble producteurs et transformateurs, en particulier en matière de promotion, communication et relations publiques.


                            Nathaleen Hewitt & Philippe Jachnik
                                                                                 22.01.2019







samedi 9 mars 2019

Assemblée Générale du 1er mars 2019

Les membres du bureau ouvrent l'assemblée générale







Le Maire et l'assemblée des membres

samedi 5 janvier 2019

Meilleurs Vœux - Frohes Neues Jahr

Avec cette photo prise lors du passage à Munich le mardi 25 septembre 2018, le Comité de Jumelage Plomelin-Betziesdorf présente à l'ensemble de ses membres et de ses sympathisants ses meilleurs vœux de bonheur et de santé pour la nouvelle année.


La roue tourne comme les années - Mit den Jahren dreht sich das große Rad

Mit diesem am 25.09.2018 in München aufgenommenen Bild wünscht das Plomelin-Betziesdorf Partnerschaftskomitee all seinen Mitgliedern samt Freunden ein glückliches und sorgenfreies Neues Jahr.

samedi 20 octobre 2018

Neuvième Fête de la Bière

La neuvième Fête de la Bière a eu lieu cette année à Plomelin le samedi 13 octobre. Presque tous les participants à notre voyage en Allemagne étaient là et ont contribué à donner à cette soirée une très belle ambiance. Bien évidemment, la comparaison avec l'Oktoberfest, la vraie, celle de Munich, ne pouvait pas tourner à l'avantage de celle de Plomelin mais le but recherché a été atteint, donner du plaisir à toutes les personnes présentes. Un grand merci à Jean-Luc Poriel, traiteur à Pluguffan, qui nous a préparé la traditionnelle et délicieuse choucroute servie pour l'occasion.

Comme tous les ans, décorée par les membres du comité, la salle socioculturelle avait pris des allures de taverne bavaroise.


Une longue file d'attente pour aller se servir!

Que de monde autour de la source!

Et tout au long de la soirée, au son de la musique bavaroise, des jeux traditionnels se sont succédé et ont permis à tous de prendre du bon temps.


Demi-finale dames du célèbre Masskrugstemmen
Comme à leur habitude, des amis de Betziesdorf avaient fait le voyage pour participer à cette belle fête. Il y avait là cette année Snoopy, Jacqueline, Isabelle, Erika, Innes et Connie. Un grand merci à eux d'avoir fait tous ces kilomètres pour nous rejoindre. Le comité de jumelage de Quimper-Remscheid était également représenté et nous en sommes ravis.

La table de nos amis allemands.
Also noch einmal "Ein Prosit der Gemütlichkeit" und bis zum 12.10. nächsten Jahres für das zehnte Plomeliner Oktoberfest! 

Au 12 octobre l'année prochaine pour la dixième Oktoberfest plomelinoise!

lundi 1 octobre 2018

Voyage en Allemagne


Après avoir reçu les Allemands de Betziesdorf à Plomelin en 2016 pour le cinquantième anniversaire du jumelage, c’était cette année au tour du comité local d’aller leur rendre visite. Pour répondre aux attentes de certains membres, l’idée avait été retenue de prolonger le séjour en Allemagne afin de participer à la véritable Oktoberfest, celle de Munich. En conséquence, les dates du voyage avaient été fixées du 18 au 27 septembre et une délégation de 55 personnes avait été constituée, dont un peu moins de la moitié ne s’étaient jamais rendues à Betziesdorf.

Après une étape à Bruxelles, qui a permis à chacun de se promener dans le « Mini Europe Park », la délégation plomelinoise est arrivée chez ses partenaires le 19 au soir, où elle a été accueillie, comme à l’habitude, de manière très chaleureuse par les familles hébergeantes.

Au programme du séjour à Betziesdorf figurait le jeudi une excursion au lac Edersee, où les effets de la sécheresse de l’été étaient visibles à l’œil nu puisque le niveau de l’eau est à 25 mètres sous le niveau à plein. 


En temps normal, à cet endroit, nous aurions été sous l'eau.
Regardez l'autre rive!

Le vendredi, était proposée une descente à 150 mètres sous terre à l’occasion de la visite de la mine Fortuna, près de Wetzlar, d’où l’on extrayait autrefois du minerai de fer. 


Et ho, et ho, on rentre du boulot...!

Le samedi matin, une réception officielle à la Mairie de Kirchhain attendait la délégation et l’après-midi ses membres ont pu se divertir en participant à la « Dorffest », la Fête du village, malheureusement un peu gâchée par la pluie. Il s’agissait pour l’essentiel de jeux d’adresse mais certains étaient particulièrement farfelus et ont beaucoup fait rire les Plomelinois. 

Le dimanche, après une grasse matinée réparatrice, un office œcuménique a été célébré à l’église de Betziesdorf, suivi d’un dépôt de gerbe au Monument aux morts. Ce sont nos doyens, Christiane Raphalen et Alain Feunteun, deux piliers de notre jumelage, qui en ont eu la charge et l'honneur. La journée et en même temps le séjour se sont terminés le soir par une présentation du groupe folklorique suivie d'un repas en commun dans la « Burgerhaus », l’équivalent de la Maison pour tous de Plomelin.

Le lundi matin, le groupe s’est mis en route vers Munich de bonne heure pour pouvoir faire un détour par les châteaux du roi Louis II de Bavière. Arrivés sur le site tous ont pu admirer le château qui a servi de modèle à Walt Disney pour son dessin animé « La Belle au bois dormant » et visiter celui dans lequel Louis II avait passé son enfance. Parvenus à destination en soirée, une promenade « by night » dans le centre-ville de Munich était organisée pour ceux qui le souhaitaient. 

Accroché à la montagne, le château de la Belle au bois dormant.

Le mardi matin, la majeure partie du groupe s’est rendue à Dachau, au mémorial du camp de concentration – émotion et recueillement garantis - tandis que l’autre partie effectuait une déambulation dans la capitale bavaroise, guidée par une Plomelinoise installée dans cette ville depuis près de 40 ans. L’après-midi, tout le monde s’est retrouvé sur le site de l’Oktoberfest, ce temple de la bière qui est également une immense fête foraine. Le soir, les Plomelinois ont bien sûr sacrifié à la tradition locale sous un des très nombreux chapiteaux qui s’offraient à eux. 


Ambiance bavaroise sous le chapiteau "La Reine de beauté"

Le mercredi le voyage s’est poursuivi vers Strasbourg, avec une halte à Stuttgart pour y visiter le magnifique musée Mercedes. Arrivés au terme de cette étape, tous se sont retrouvés dans une auberge au cœur de la vieille ville pour y déguster la spécialité locale, une bonne choucroute alsacienne.

Et finalement, le jeudi 27, après un périple d’un peu moins de 4000 kilomètres, la délégation plomelinoise est rentrée au bercail, un peu fatiguée, certes, mais la tête pleine de superbes images et de souvenirs inoubliables. Un grand merci à nos conducteurs, Corinne et Cyril.

lundi 23 avril 2018

Repas du comité

Le vendredi 20 avril, les membres du Comité se sont retrouvés une nouvelle fois à la Maison pour tous pour le traditionnel "repas du comité". Comme à l'accoutumée, bonne humeur et convivialité étaient au rendez-vous et les 23 membres présents se sont régalés avec les entrées et desserts apportés par les uns et les autres et le succulent "chili con carne" préparé par Liliane. Un grand merci à notre cuisinière qui, pour une première, a réussi un coup de maître!


L'ambiance n'était assurément pas à la morosité! 


Cette rencontre a aussi été l'occasion de faire le point sur le voyage prévu en Allemagne du 18 au 27 septembre prochain. Beaucoup de questions ont été posées et ainsi chacun a pu se faire une idée plus précise de ce beau voyage. Deux inscrits ayant dû renoncer à y participer pour des raisons personnelles, nous avons donc actuellement deux places libres. Gageons qu'elles ne vont pas le rester très longtemps.


jeudi 22 mars 2018

Tenus en laisse par les puissants

M. Philippe Jachnik, consultant pour l'interprofessionnelle laitière française en Allemagne, nous a traduit un article paru dans l'hebdomadaire "Die Zeit" en date du 15 mars dernier et traitant de la toute puissance de la grande distribution.

Les problématiques sont bien souvent similaires de part et d'autre du Rhin.


EDEKA, LIDL & CO FONT PRESSION SUR LES FOURNISSEURS.

LA DICTATURE DES PRIX DES GRANDES ENSEIGNES DE LA DISTRIBUTION DESESPERE LES FABRICANTS DE PRODUITS DE MARQUES, LES PETITS FOURNISSEURS ET LES AGRICULTEURS


Cela sonnait éthique et social ce que disait alors le Ministre fédéral de l’Economie. Il voulait pérenniser 15000 emplois, c’est ce qu’expliquait, encore et encore, Sigmar Gabriel en 2016. Il s’agit de « gens qui ne gagnent pas beaucoup et qui, en tout état de cause, n’ont pas une vie facile ». Le politicien SPD s’est alors mis en travers d’une décision de l’Office allemand des Cartels (Bundeskartellamt) qui interdisait la reprise de la Chaîne de supermarchés Kaiser’s Tengelmann par son concurrent Edeka. Edeka était déjà à l’époque le plus important des distributeurs en Allemagne et les gardiens de la concurrence craignaient que cette opération ne lui confère trop de puissance.

Plus d’un an après, on commence à voir qui paie le prix de cette décision de Gabriel. Ce sont les fournisseurs du géant de la Distribution car celui-ci joue sans retenue de sa puissance de marché accrue.

La première manifestation en remonte au 29 décembre 2016, quelques semaines seulement après le feu vert ministériel de Gabriel. Le distributeur a, ce jour-là, adressé un courrier de trois pages à chacun de ses fournisseurs. Dans celui-ci il leur apprenait que les prix et conditions qu’ils avaient conclus avec Edeka s’appliquaient dorénavant aussi à Kaiser’s Tengelmann et que ce qui avait été conclu avec ce dernier était, avec effet immédiat, caduc. Ce n’était pas une proposition. C’était une affirmation. Et, depuis, cela s’est poursuivi dans le même style.

Les fournisseurs, en particulier les fabricants de produits alimentaires, subissent depuis longtemps en Allemagne une forte pression et le cas Edeka l’a fortement accrue. Ces entreprises n’ont plus qu’un nombre très limité d’enseignes de la distribution comme clients, ce que ces dernières utilisent pour exiger des baisses de prix, les unes après les autres. La lettre d’Edeka aux fournisseurs n’est qu’un exemple, parmi d’autres, des méthodes brutales que les acheteurs de la Distribution imposent aux fabricants de charcuterie, à ceux de biscuits et aux agriculteurs.

Le cas Kaiser’s Tengelmann ne fut que le plus récent Acte d’une longue série de reprises

Les supermarchés menacent les fournisseurs de déréférencement de leurs produits s’ils n’acceptent pas les conditions qu’ils leur imposent. C’est ce que prouvent des entretiens de Die Zeit avec des Dirigeants, des Vendeurs et des Consultants de la Branche dont la plupart, par crainte de représailles, ont exigé de rester anonymes.

C’est, par exemple, le cas du premier des vendeurs de l’un des principaux fabricants allemands de produits alimentaires que l’on nommera, pour l’occasion, Markus Schulz. L’entreprise de Schulz a, en son temps, elle aussi reçu le courrier d’Edeka suite à sa reprise de Kaiser’s Tengelmann. Ce fut une mauvaise nouvelle pour son entreprise. Les revenus de l’entreprise diminuèrent car Tengelmann lui payait auparavant des prix supérieurs à ceux d’Edeka. La décision d’Edeka coûta à l’entreprise de Schulz une somme à six chiffres. Edeka est la première enseigne de la distribution en Allemagne et pour de nombreux fabricants leur principal client. C’est pourquoi elle obtient, la plupart du temps, de meilleures conditions que ses concurrents.

Dans les mois qui ont suivi la reprise de Kaiser’s Tengelmann, Edeka a affiché dans ses nouveaux points de ventes des affiches de couleur rouge pour annoncer aux clients qu’ils payaient maintenant leurs produits 10% de moins que « du temps de Tengelmann ». Markus Shulz « ce sont les fabricants qui en ont assuré le coût ».

Schulz a choisi un bistrot pour la rencontre. Il y jette en permanence un œil sur les tables voisines, comme pour vérifier que personne n’écoute la conversation. Car Schulz fait quelque chose qui ne se fait que très rarement dans la Branche : il met à disposition des chiffres, des échanges de courriers, des annotations écrites. Il estime que les clients devraient pouvoir savoir comment les grands distributeurs traitent leurs fournisseurs. « La plupart des gens qui me connaissent ne peuvent pas s’imaginer ce à quoi je suis confronté dans ma vie professionnelle ».

Et avec Edeka Schulz a récemment vécu particulièrement beaucoup de choses. Il dit : dans un premier temps le distributeur a imposé ses propres conditions puis, très rapidement ensuite, ses acheteurs se sont à nouveau manifestés avec de nouvelles exigences.

Ils demandaient que le fournisseur participe financièrement au rachat de Tengelmann par Edeka. Le rachat avait et allait créer des synergies. Les gens d’Edeka expliquaient que cela profiterait aussi aux fournisseurs de l’agro-alimentaire car les ventes allaient augmenter. Schulz indique qu’au terme des discussions Edeka a exigé un montant à six chiffres de son entreprise. Un nouveau vocabulaire est né à cette occasion : « bonus de mariage ».

Schulz n’était pas le seul à devoir payer un tel bonus. Une enquête confidentielle de l’Association allemande des Grandes Marques montre qu’au moins 37 entreprises ont été confrontées à cette exigence d’Edeka. C’est de cette façon qu’Edeka a manifestement essayé de faire payer par ses fournisseurs une partie de la somme qu’il a déboursée pour la reprise de Tengelmann, somme évaluée à plus de 200 millions€.

En fait, explique le vendeur Markus Schulz, on négocie avec les distributeurs des accords-cadres annuels pour mise en œuvre l’année suivante. On y arrête les prix de cession, les nouveaux produits, le placement en rayons. Ceci étant dit Schulz, les quantités qui seront achetées restent ouvertes. Ce qui permet au distributeur d’arrêter ses commandes à tout moment.

En outre, dans pratiquement tous les cas, le distributeur remet la pression sur le prix en cours d’année. Dans des entretiens ad hoc il demande par exemple à ses fournisseurs de participer financièrement à des actions publicitaires ou de promotion. Ou bien il exige de bénéficier des baisses de coûts, lorsqu’elles interviennent, des matières premières mises en œuvre par leurs fournisseurs. Mais Schulz n’a encore jamais constaté que, lorsque les prix des matières premières des fournisseurs augment, les distributeurs se manifestent auprès d’eux …

Markus Shulz dit qu’il a, au finish, réussi à faire diminuer le bonus de mariage. Mais la valeur de ce qu’il a obtenu en échange ne correspondait en rien à celle de sa contribution. Mais il a payé. Parce que le représentant du Distributeur l’a menacé de déréférencer ses produits. Schulz l’a consigné dans un Rapport interne.

A la demande de Die Zeit, Edeka prend position par écrit. Les avantages et prestations supplémentaires liés à la reprise de Tengelmann ont été évalués avec précision et présentés à chacun des fournisseurs. « Et sur cette base une négociation individuelle a eu lieu avec chacun d’entre eux. Pour savoir s’il est concerné et, si oui, à quelle hauteur ». L’entreprise n’a pas connaissance de menaces.

De leur côté les 37 entreprises de l’Association des Grandes Marques ont accepté les conditions d’Edeka et ont pris les avantages « en considération ». Il y a des offres que l’on ne peut pas refuser souligne Andreas Gayk, responsable des rapports avec la Distribution dans ladite association des Grandes Marques. « Avant tout quand elles viennent du principal client ».

Daniel Zimmer a mis en garde contre cette puissance de marché. Durant quatre années ce Professeur de droit économique de l’Université de Bonn a présidé la Commission des Monopoles, une structure qui conseille le Gouvernement fédéral en matière de politique de la concurrence. Certes Tengelmann ne pesait, au niveau national, qu’1% de la distribution alimentaire et, au final, 20% de ses points de vente en sont allés à Rewe.

Mais Zimmer dit : dans certaines régions du Land Bayern, à Berlin et dans le Land Nordrhein-Westfalen où Tengelmann était particulièrement bien représenté, la fusion a dramatiquement dégradé la situation des petits fournisseurs. Ils ont, du jour au lendemain perdu l’alternative d’un second client. Pour le juriste économiste se posait alors avant tout la question de savoir si « avec sa puissance, une entreprise peut écraser ses fournisseurs contre un mur ». Avec ses collègues, Zimmer a, durant deux mois, analysé le marché pour, finalement, arriver à la conclusion qu’il valait mieux ne pas autoriser la reprise de Tengelmann par Edeka.

L’Office allemand des Cartels (Bundeskartellamt) a suivi cette recommandation. Lorsqu’au printemps 2016 par autorisation ministérielle Sigmar Gabriel décida de ne pas tenir compte de la décision de l’Office des Cartels, Zimmer et ses collègues démissionnèrent de la Commission en signe de protestation.

Kaiser’s Tengelmann n’était que le dernier épisode d’une longue série de reprises : à Edeka appartiennent aussi les magasins Plus et ceux de l’enseigne Netto. En tant que premier distributeur allemand, Edeka a un chiffre d’affaires annuel de 50 milliards. A Rewe appartiennent Nahkauf et Penny, au groupe Schwarz Lidl et Kaufland. Les quatre premiers distributeurs ont, en 2016, pesé 67% des ventes de produits alimentaires. Une étude réalisée par l’Office allemand de Cartels montre que pour bien des produits ils pèsent en fait 84%. Les fournisseurs n’ont donc guère le choix, les centres de décision étant moins nombreux que les enseignes.

Edeka n’est pas le seul à utiliser sa puissance pour imposer à ses fournisseurs des conditions que ceux-ci estiment « unfair ». Kaufland, enseigne appartenant à Lidl a, par exemple, en 2013, à l’occasion des 10 ans de sa marque distributeur K-Classic, exigé de ses fournisseurs un « cadeau » de 10% du chiffre d’affaires réalisé par chacun d’entre eux avec des produits commercialisés sous cette marque. Cela figure tel quel dans un courrier de trois pages, adressé à l’époque par la fédération des transformateurs de fruits, légumes et pommes de terre (BVE) à ses adhérents.

Dans ce courrier -dont Die Zeit a pris connaissance- qui devait servir de « guide de négociation » aux entreprises adhérentes on peut lire « pour le cas où le fournisseur ne l’accepte pas, on le menace de déréférencement ». Ce qui signifie que ses produits disparaissent des rayons.

La fédération recommande à ses adhérents, en fonction de leur situation de négociation, soit de refuser la demande de Kaufland, soit de négocier une contribution réduite, notant que du fait de l’asymétrie des rapports de force il n’y a pas d’autre solution que de payer.

Kaufland a, ensuite, réclamé aux fournisseurs 1% supplémentaire du c.a. total que chacun d’entre eux faisait avec l’enseigne. Il s’agissait de financer une Brochure « environnement et durabilité » qui reprendrait les logos des fournisseurs. Là aussi la fédération a recommandé à ses adhérents de passer sous les fourches caudines du distributeur, en essayant toutefois de négocier un montant réduit.

En réponse à un questionnement de Die Zeit, Kaufland a indiqué attacher une grande importance au « fairness » dans ses relations avec ses fournisseurs. Les directives cadrant l’activité des acheteurs ne prévoyaient pas la menace de déréférencement. Lors d’actions de promotion, les fournisseurs ne bénéficient pas seulement d’une augmentation des quantités de leurs produits vendues, mais aussi d’une présence accrue dans le matériel publicitaire et de promotion de l’enseigne. Tout ceci est réputé augmenter sensiblement les coûts de Kaufland. Ses demandes sont donc justifiées et profitent aux deux parties en présence.

Il est vrai que les fournisseurs bénéficient, théoriquement, de prix de vente réduits et de brochures publicitaires si les quantités vendues de leurs produits et leur chiffre d’affaires augmente. Mais dans la réalité, ce type d’opérations n’apportent que rarement quelque chose aux fournisseurs explique Christoph Freitag, Directeur Général de BVE « souvent l’action leur coûte même de l’argent ». Ceci étant, la fédération estime qu’en 2013 la plupart des fournisseurs ont accepté les demandes de Kaufland.

Ce qui n’empêche pas la situation juridique d’être des plus claires : sans contreparties identifiables les distributeurs ne sont pas fondés à demander des conditions particulières. C’est ce que stipule l’« Anzapfverbot » de l’Office des Cartels. Ce n’est qu’en janvier dernier que la justice allemande a, en dernière instance, tranché dans le différend qui opposait depuis des années Edeka à l’Office des Cartels.

Les fonctionnaires de l’Office avaient établi qu’Edeka avait enfreint le droit de la concurrence lors de la reprise du Discounter Plus en 2008. Edeka avait non seulement exigé à cette occasion un bonus de mariage mais avait, les années suivantes, imposé des contributions financières pour la rénovation des points de vente et l’élargissement des gammes de produits proposés aux consommateurs.

Edeka voulait, en outre, bénéficier de certains prix d’achat qui avaient été particulièrement bien négociés par Plus et ce, rétroactivement. De ce fait l’Office des cartels a estimé qu’Edeka avait contrevenu à l’ « Anzapfverbot ». Ce qu’a confirmé la justice.

Les géants de la distribution en ont pris acte. Mais ils n’en ont pas retenu qu’ils devraient dorénavant avoir avec Markus Schulz des relations de partenaires à partenaires. Les responsables d’Edeka ont, évidemment, lu dans le détail la prose de l’Office des Cartels dit Andreas Gayk qui a représenté l’Association des Grandes Marques au procès. Ils ont simplement formellement adapté leurs nouvelles exigences. Et elles ne sont pas contestables juridiquement.

Ce qu’il peut en coûter de se mettre en travers du chemin, le géant Nestlé vient de le mesurer à ses dépens il y a quelques jours. Edeka a édicté un arrêt des commandes pour plus de 150 produits de Nestlé avec pour objectif d’obtenir de meilleures conditions d’achat. Le principal distributeur allemand l’a, dans le cas d’espèce, fait en relation avec d’autres géants de la distribution européenne, ce qui a notablement accru la pression. Nestlé, en réponse à nos questions, a simplement déclaré que l’on regrette le conflit avec Edeka et qu’on souhaite, dans l’intérêt des consommateurs, le régler rapidement. Les barres chocolatées et les chewing-gums de Mars avaient, l’an passé, également momentanément disparu des rayons d’Edeka. Et cela arrive à de nombreux fournisseurs moins grands. Simplement cela se remarque moins car leurs marques sont moins connues.

Dans le secteur c’est pratiquement « silence radio ». Lorsque, mercredi de la semaine dernière, l’Association des Grandes Marques invite à la discussion à Berlin dans le cadre de sa « Journée de la Concurrence » sur le thème « Abus de puissance au nom de la Demande » interviennent Andreas Mundt, le Président de l’Office des cartels, un Avocat et deux Professeurs. La teneur de leurs présentations est claire : la puissance de marché des enseignes de la distribution est devenue un problème pour les fournisseurs. Mais il manque les témoignages desdits fournisseurs sur le podium bien que des collaborateurs de certains d’entre eux, comme par exemple Frosch et Henkel soient dans l’auditoire. Durant des semaines l’Association des grandes marques avait, en vain, essayé d’obtenir que l’un d’entre eux témoigne.

Il est normal que la puissance joue son rôle dans une négociation. Ceci étant, de la part d’un certain nombre d’enseignes de la distribution cela tourne à l’intimidation comme en attestent de nombreux témoignages recueillis par Die Zeit. On entend alors des phrases telles que « Tu es le plus mauvais des vendeurs avec lequel il m’ait été donné de traiter » ou « nous n’avons absolument pas besoin de votre produit ». Certains acheteurs de la distribution exigent les numéros de téléphone privés des vendeurs des fournisseurs et les appellent ensuite la nuit et durant le week-end.

La puissance des enseignes de la distribution est particulièrement importante dans les secteurs qui sont déjà, en soi, concurrentiels en matière de prix. Lutz, Astro, Marten : dans le secteur de la charcuterie les fabricants de taille moyenne se sont, les uns après les autres, retrouvés en situation de cessation de paiements explique un dirigeant à la retraite de l’industrie alimentaire. Plus que dans les autres secteurs de l’économie, les fabricants sont dépendants du coût des matières premières qui, eux-mêmes, sont de plus en plus influencés par les marchés internationaux. Il ajoute que la seule parade est de développer soi-même des marques très fortes dont les distributeurs ne pourraient se passer. Mais dans le secteur de la charcuterie, qui est capable de citer trois marques ?

Les distributeurs ont encore aggravé le problème en développant, sans discontinuer, leurs propres marques que l’on ne trouve, évidemment, que dans leurs propres points de vente. Qu’il s’agisse de « Gut und günstig » (NDLR : « Bon et pas cher » d’Edeka), de « Ja » (NDLR : « Oui »), de « Rewe Bio », de « K-Classic » ces marques signifient, pour les consommateurs, un avantage prix et, pour les fournisseurs, une pression induite supplémentaire.

Car si les marques distributeurs appartiennent effectivement aux enseignes de la distribution, celles-ci n’en assurent que rarement la fabrication des produits. A la place de « produire le produit », ils produisent le cahier des charges qui indique, par exemple, quels épices doit contenir le salami et de quelle épaisseur doivent en être les tranches. Et l’offre la moins chère décroche le marché.

Les fournisseurs en sont ainsi réduits à être des prestataires de services interchangeables. L’escalade dans la diminution des prix se fait aux dépens des fournisseurs et parfois aussi aux dépens de la qualité. Certains fournisseurs indiquent par exemple comment ils ont alors recours à des peaux plus fines ou à des « préparations à base de viandes » moins chères.

L’économiste de Hamburg, Rainer Lademann, spécialiste de la concurrence qui a fait une présentation dans le cadre de la Journée de l’Association des Grandes Marques apporte des témoignages dans ce sens. Lademann a, en 2012, dans le cadre d’une étude commanditée par la Commission des Monopoles, examiné ce qu’il en est dans le secteur de l’alimentation.

« Nous avons alors découvert de nombreux exemples prouvant que la qualité se détériorait sous la pression conjointe de la concentration et des marques distributeurs » dit-il. Les innovations se sont raréfiées et les fabricants ont remplacé certains composants par d’autres, moins chers. C’est ainsi que les noix de cajoux remplacent les pignons de pins -qui sont plus chers - dans le pesto ou bien que l’on réduit artificiellement les durées d’affinage des fromages ou de maturation des vins. Ceci n’est certes pas illégal, ni dommageable pour la santé, dit Ledemann, mais le goût des produits s’en ressent évidemment.

Chez certains fournisseurs, les marques distributeurs peuvent peser jusqu’à plus de 90% de la production. Une situation de dépendance presque totale. La conséquence en est une activation de la concentration côté fournisseurs aussi. Plusieurs des fabricants de charcuterie de tailles moyennes qui se sont retrouvés en situation de cessation de paiements l’an passé ont été absorbés par de grands fabricants. Plusieurs l’ont été par Tönnies, le premier opérateur et fabricant allemand de produits carnés. Si cette évolution se poursuit, les géants se retrouveront tous seuls, face à face.

Et c’est tout au début de la filière de fabrication et de valorisation, au niveau des matières premières agricoles, que la pression sur les prix s’exerce le plus intensément et la concentration des opérateurs aussi. Le producteur de légumes du Land de Pfalz, Johannes Zehfuss peut en parler. Il a progressivement agrandi son exploitation jusqu’à 150 hectares. Ceci constitue évidemment un succès entrepreneurial mais c’est également le résultat de la pression accrue depuis que les enseignes de la distribution sont directement entrées dans le business des pommes de terre, des choux, des radis et des brocolis.

De nombreux autres petits producteurs de la région n’ont pas pu suivre. Ils ont été dépassés par les quantités requises, l’accélération des délais de livraison et les nouvelles contraintes sans cesse renouvelées en matière de qualité, de régionalité, de bio, de durabilité. Dans la coopérative via laquelle notre producteur de Pfalz commercialise sa production, le nombre de membres est passé, en 10 ans, de 500 à moins de 200.

Zehfuss qui est actif dans le cadre du DBV (NDLR : +/- FNSEA allemande), par ailleurs député CDU au Parlement du Land Rheinland-Pfalz, souligne qu’il trouve cela fondé que les enseignes de la distribution exigent des standards de qualité élevés. Elles réussissent à commercer avec des produits qui sont de plus en plus frais, de plus en plus respectueux de l’environnement, de plus en plus bon marché « exactement ce que souhaitent les consommateurs ». Le seul problème pour les producteurs agricoles c’est qu’ils ne sont pas rémunérés en conséquence. Ils sont contraints de constamment investir dans de nouvelles techniques, dans des tests, de recourir à des conseillers et consultants. D’un côté les enseignes brandissent de plus en plus l’étendard de la durabilité, de l’autre, elles poussent de plus en plus les producteurs agricoles dos au mur.

Et apparemment, cela ne concerne pas le seul producteur Zehfluss. L’Association allemande du commerce des fruits a, l’an passé, expertisé le fait de savoir si les nouvelles contraintes étaient rentables pour les producteurs. Certes les enseignes paient généralement plus lorsqu’elles augmentent les contraintes, mais pas assez pour compenser les coûts supplémentaires induits au niveau des producteurs. Ceux qui profitent, pour l’essentiel, des nouvelles certifications, ce sont les grandes entreprises.

Il apparait que nombreux sont alors les producteurs agricoles qui essaient, eux aussi, de transmettre la pression qui s’exerce sur eux. Eux qui sont très exposés car tout en bout de la chaîne de valorisation. C’est ainsi que le Parquet du Land de Pfalz enquête actuellement sur le cas de plusieurs gros exploitants agricoles du secteur des légumes. Il leur est reproché d’employer, en particulier pour les récoltes, des travailleurs venus d’Europe Centrale, travailleurs qu’ils ne font pas bénéficier du salaire minimum et des avantages sociaux qui ont cours en Allemagne.

Cette problématique occupe à présent aussi le Commissaire européen à l’Agriculture. « La distribution abuse souvent de sa forte position » dit l’irlandais Phil Hogan dans son interview à Die Zeit. « Les producteurs ont droit à une plus grande sécurité juridique ». C’est pourquoi il pense proposer, en avril ou en mai, des dispositions concrètes visant à établir des règles équitables, de façon à rééquilibrer les rapports de force. Le Commissaire a commencé à se bouger sur le sujet lorsqu’une forte majorité s’est manifestée sur ce thème au Parlement Européen.

Les Associations européennes des Distributeurs s’activent déjà avec énergie à Bruxelles pour contrer l’initiative de Hogan et brandissent le risque de voir remise en question la liberté de contracter. Le Commissaire européen hausse les épaules : « celui qui a un comportement fair n’a rien à craindre ».


Traduction libre Ph. Jachnik 
20 mars 2018